Correction de l’exercice « L’Egypte de Nasser, un acteur majeur au Moyen Orient »

27 mai 2020

Non classé

 Petite présentation du héro de cette étude : Gamal Abdel Nasser

Né en 1918 à Alexandrie, Nasser participe à la première guerre israélo-arabe, en 1948. Membre actif du Mouvement des officiers libres, il est l’un des principaux instigateurs du coup d’État qui, le 23 juillet 1952, renverse le roi Farouk. Sous la présidence du général Neguib, il dirige le conseil révolutionnaire qui gouverne le pays. En février 1954, il fait arrêter Neguib, qu’il accuse de soutenir les Frères musulmans, et devient Premier ministre. Il est élu à la présidence de la République le 23 juin 1956 – il est le seul candidat.

Pour en savoir plus je vous  conseille aussi ce formidable documentaire « Nasser du rêve au désastre » : https://www.dailymotion.com/video/x532ifv


1. Quelles sont les zones où l’Égypte doit exercer son action internationale?

Le texte, qui date de 1953, définit les trois cercles au sein desquels l’Égypte, selon Nasser, doit désormais exercer son influence : en premier lieu, le monde arabe, qui doit prendre conscience de son unité et se dresser contre Israël ; puis l’Afrique, encore colonisée et pour laquelle l’Égypte, indépendante et émancipée, doit être un modèle – Nasser tourne ici le dos à la politique méditerranéenne traditionnelle de l’Égypte et rappelle que le Nil prend sa source au cœur du continent africain ; enfin, le monde musulman, qui s’étend sur les deux continents, africain et asiatique, et au cœur duquel se situe l’Égypte. Dès sa prise de pouvoir, Nasser définit ainsi les différents registres – solidarités historiques, géographiques, culturelles – dont son pays devra jouer pour s’imposer sur la scène régionale et internationale.

2. Comment Nasser justifie-t-il la nationalisation du canal?

L’Égypte est indépendante depuis 1922, mais elle reste sous influence britannique. Le Royaume-Uni continue d’y entretenir des troupes, notamment
autour du canal de Suez, qui est toujours exploité par une compagnie où les capitaux britanniques sont majoritaires. Les relations se tendent entre Londres et Le Caire en 1955 : Nasser refuse d’entrer dans le pacte de Bagdad comme le souhaitait la Grande-Bretagne ; celle-ci, de son côté, accorde l’indépendance au Soudan alors que Nasser avait des vues sur Haut-Nil. Cela le décide à construire le barrage d’Assouan, précisément pour ne pas dépendre du voisin soudanais. Les États-Unis promettent leur aide, mais demandent que Nasser abandonne ses positions neutralistes. Le 26 juillet 1956, le nouveau président égyptien annonce la nationalisation du canal, pour financer la construction d’Assouan ; il l’annonce en public, dans un style emphatique et provocateur.
Nasser présente la nationalisation comme s’il s’agissait d’une seconde décolonisation : après avoir obtenu l’indépendance politique, l’Égypte
obtient l’indépendance économique. Il adopte une rhétorique tiers-mondiste proche de celle du communiqué final de la conférence de Bandung (à laquelle il a participé), mais en usant d’un ton plus direct et accusateur. Le canal est égyptien parce qu’il se situe en Égypte et qu’il a été construit par les Égyptiens.

3. Comment expliquer le retentissement de ce discours dans le monde arabe?

Le retentissement du discours est immense, dans tout le monde arabe, mais aussi au Royaume-Uni et en France – où l’on n’hésite pas à comparer
Nasser à Hitler et à évoquer le syndrome de Munich. Comme Mossadegh en 1951, Nasser se dresse contre les puissances occidentales, les place devant le fait accompli, et lance un défi au monde entier. Du même coup, il fait prendre conscience aux pays du Moyen-Orient des atouts qui sont les leurs et des moyens de pression dont ils disposent. D’emblée, Nasser s’impose comme le leader du monde arabe, qu’il soit indépendant ou encore colonisé.

4. Quelles formes prend la coopération entre l’Égypte et l’URSS? Quel profit chacun des 2 pays en tire-t-il?

Dès l’annonce de la nationalisation du canal, l’URSS s’empresse de proposer ses services pour aider à la construction du barrage d’Assouan, ceque Nasser accepte. C’est un camouflet pour la diplomatie américaine, autant que pour la France et le Royaume-Uni. Les relations entre l’URSS et
l’Égypte connaissent les hauts et des bas – Nasser tenant également à apparaître comme un leader du non-alignement – mais sont consolidées lors de la visite de Khrouchtchev en 1964 et après la guerre des Six-jours. L’Égypte est avec l’Inde le pays du tiers-monde qui bénéficie le plus de l’aide militaire et économique de l’URSS. Les deux pays signent un traité d’amitié en 1971. À cette date, 20 000 conseillers soviétiques sont présents sur le sol égyptien.
Cette coopération profite à l’Égypte, dans son développement et sa lutte contre Israël ; et à l’URSS, qui dispose au Moyen-Orient (et en Afrique) d’un point d’appui solide pour contrer l’influence américaine (qui, elle, s’appuie sur la Turquie, l’Iran, Israël et l’Arabie saoudite). Il n’y a cependant guère de proximité idéologique entre les deux pays.

5. Décrivez et expliquez ces images dans leur contexte

La caricature soviétique évoque l’échec diplomatique de l’intervention franco-britannique à Suez : le coq et le lion sont contraints de rebrousser chemin alors que, de l’autre côté de la Méditerranée, le sphinx, symbole de puissance, de permanence et d’impassibilité, reste imperturbable, non sans avoir au passage arraché quelques trophées (queue du lion, plumes du coq). On remarquera que la vision soviétique met l’accent sur la défaite des puissances « impérialistes et coloniales », mais ne dit rien du rôle joué par Israël. En réalité, le dessin montre aussi que les impérialismes coloniaux des vieilles puissances européennes ont cédé la place à d’autres impérialismes, tout aussi décidés à imprimer leur marque sur la région. Le Moyen- Orient est devenu un enjeu de la Guerre froide.

L’affiche qui montre Nasser et Ben Bella terrassant le monstre du colonialisme, un an après l’indépendance de l’Algérie rappelle le soutien
dont le FLN a bénéficié, de la part de l’Égypte, dans lutte pour l’indépendance. L’intervention française à Suez, en 1956, s’explique principalement par la volonté de déstabiliser un gouvernement accusé d’abriter et d’armer les rebelles allé riens – une aide, du moins sur le plan matériel, largement surestimé par les services français. On remarque le graphisme un peu naïf et la composition parfaitement symétrique de l’affiche : Nasser et Ben Bella ont exactement la même taille, ainsi que les drapeaux de leurs pays respectifs.

6. Quel est le rôle de l’Égypte dans la lutte contre les puissances coloniales selon ses documents?

L’Égypte est d’abord la première à s’opposer de manière frontale aux puissances européennes et à remporter sur elles une victoire, sinon militaire, du moins diplomatique. Elle est ensuite un modèle – et Nasser un guide – pour les pays d’Afrique en lutte pour leur indépendance.

BILAN:
  La crise de Suez est au cœur de cette étude. C’est un conflit aux dimensions et aux enseignements multiples qui marque tout à la fois la fin de la présence européenne au Moyen-Orient et l’entrée de plain-pied de la région dans la Guerre froide.
Mais l’épisode, qui fait suite à la nationalisation du canal, marque également l’affirmation de l’Égypte comme acteur central du Moyen-Orient – ce qu’elle reste jusqu’à la fin des années 1970 – et de son dirigeant, Nasser, comme un leader charismatique dans tout le monde arabe.

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